mardi 26 août 2014
lundi 25 août 2014
Cinq ans déjà!
Le 25 août 2014. Cela fait déjà cinq ans que j’ai refoulé le sol allemand. Très vite, j’avais été emballé pour l’enthousiasme du néophyte à l’étranger, à savoir vouloir partager sur ce blog, le processus de mon accoutumance à ce pays qui m’accueille à nouveau.
L’enthousiasme des débuts a laissé place au silence de l’observation. Et plus on observe, moins on comprend, même si on connait plus. Comprendre, me semble-t-il, c’est faire violence sur soi pour entrer dans le monde de l’autre, c’est démystifier ses propres dogmatismes – ou acquis d’expériences – pour les retrouver, autrement, par le chemin détourné du monde de l’autre, car on ne cesse pas vraiment de demeurer soi-même, même si on se comprend mieux par le biais de l’autre. N’est-on pas aussi le procès de son propre devenir? Comprendre le monde de l’autre, en fin de compte, c’est accepter de mieux se comprendre soi-même, parce que le monde de l’autre nous le suggère, indirectement mais insidieusement, par ses propres dogmatismes avoués ou non, réfléchis ou à l’état brut. On comprend alors que la résistance s’invite dans la partie: ils sont en effet bien peu nombreux ceux qui veulent enlever la poutre de leur yeux avant d’enlever la paille des yeux de l’autre.
Faut-il malgré tout reprendre le projet initial avec ce regard scrutateur devenu nôtre, un regard qui veut comprendre et se comprendre? Oui, pour ne pas décevoir une promesse faite, mais avec le langage de celui qui hésite avant de placer un mot.
Rodrigue Naortangar, SJ.
L’enthousiasme des débuts a laissé place au silence de l’observation. Et plus on observe, moins on comprend, même si on connait plus. Comprendre, me semble-t-il, c’est faire violence sur soi pour entrer dans le monde de l’autre, c’est démystifier ses propres dogmatismes – ou acquis d’expériences – pour les retrouver, autrement, par le chemin détourné du monde de l’autre, car on ne cesse pas vraiment de demeurer soi-même, même si on se comprend mieux par le biais de l’autre. N’est-on pas aussi le procès de son propre devenir? Comprendre le monde de l’autre, en fin de compte, c’est accepter de mieux se comprendre soi-même, parce que le monde de l’autre nous le suggère, indirectement mais insidieusement, par ses propres dogmatismes avoués ou non, réfléchis ou à l’état brut. On comprend alors que la résistance s’invite dans la partie: ils sont en effet bien peu nombreux ceux qui veulent enlever la poutre de leur yeux avant d’enlever la paille des yeux de l’autre.
Faut-il malgré tout reprendre le projet initial avec ce regard scrutateur devenu nôtre, un regard qui veut comprendre et se comprendre? Oui, pour ne pas décevoir une promesse faite, mais avec le langage de celui qui hésite avant de placer un mot.
Rodrigue Naortangar, SJ.
lundi 21 mars 2011
Sarkozy ou "l'Eclat" d'un héros
On a des raisons d‘apprécier l’engagement militaire de la France en Lybie. Elle s’est rangée du côté de la liberté, du côté des révolutionnaires libyens. L’exemple des voisins tunisiens et égyptiens avait galvanisé. On a cru possible le départ de l’autocrate dictateur. Mais c’était sans compter avec l’ultime instinct de survie d’un despote mis dos au mur. La Grande Nation, en héros sauveur, à la tête d’une escorte internationale, a volé au secours d’une insurrection armée qui peinait face à la hargne du guide Kadhafi savourant déjà la répression sanglante de ces dérigés ingrats et rebelles. Chose rare : Sarkozy est applaudie par une grande majorité d’arabes ! Victoire politique et diplomatique….
Ou plutôt éclats politiques et diplomatiques : l’éclat éblouit et rend l’essentiel invisible aux yeux. Ostensible retournement de veste que cette volte-face incongrue contre un pouvoir dont on profita, hier encore, des largesses, en menu monnaie et en or noir, à l’exemple des voisins tunisien et égyptien ! Embellissement amateur de l’image d’une politique d’intérêts qui tente de freiner une chute vertigineuse vers l’abime de la honte.
Mais restons optimiste. Le paraitre de l’éclat peut contaminer son être. L’embellissement amateur peut devenir œuvre d’art. On appréciera vraiment la politique et la diplomatie française lorsque l’éclat libyen traversera le Sahara, vers ces silencieux endroits où elle laisse opprimer et tuer. On l’appréciera lorsque, avec moins d’éclat et de violence, elle placera la vie humaine en ces contrées perdues, au dessus d’intérêts bassement matérielles.
MNR
Ou plutôt éclats politiques et diplomatiques : l’éclat éblouit et rend l’essentiel invisible aux yeux. Ostensible retournement de veste que cette volte-face incongrue contre un pouvoir dont on profita, hier encore, des largesses, en menu monnaie et en or noir, à l’exemple des voisins tunisien et égyptien ! Embellissement amateur de l’image d’une politique d’intérêts qui tente de freiner une chute vertigineuse vers l’abime de la honte.
Mais restons optimiste. Le paraitre de l’éclat peut contaminer son être. L’embellissement amateur peut devenir œuvre d’art. On appréciera vraiment la politique et la diplomatie française lorsque l’éclat libyen traversera le Sahara, vers ces silencieux endroits où elle laisse opprimer et tuer. On l’appréciera lorsque, avec moins d’éclat et de violence, elle placera la vie humaine en ces contrées perdues, au dessus d’intérêts bassement matérielles.
MNR
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